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CDISCOM

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Création : 28/07/2014 à 20:11 Mise à jour : 12/01/2018 à 08:12

Blog de CDISCOM

QUI SOMMES NOUS ?

CDISCOM est un collectif composé d'associations de la société civile, de partis politiques, de personnalités d'horizons divers sensibles à notre cause : la défense de l'intégrité, de la souveraineté et de l'unité de l'Archipel des Comores. Notre charte, ce qui est aussi la raison de l'existence de notre collectif, s'appui sur la Résolution 3385 de l'ONU stipulant que "les Comores sont composées de quatre Iles : Mayotte (Maoré), Anjouan (Ndzuani), Mohéli (Mwali), Grande Comores (Ngazidja).
Enfin, notre collectif agit pacifiquement et indépendamment ou avec le soutien de partis politiques ou associations contre toute forme de domination, de déstabilisation, de discrimination ou de séparation d'un peuple et son Etat souverain dans le monde et plus particulièrement dans l'Archipel des Comores.

CDISCOM EST LE COLLECTIF DE DÉFENSE DE L'INTÉGRITÉ ET LA SOUVERAINETÉ DES COMORES


"Au regard du droit international, Mayotte n'est pas un Territoire français d'outre-mer, mais un territoire comorien illégalement occupé par une puissance étrangère. En expulsant chaque année de l'île des milliers de Comoriennes et Comoriens prétendument “ clandestins ”, la puissance coloniale se rend donc coupable de “ déplacement forcé de population ”, donc de crime contre l'humanité... L'État français doit quitter Mayotte et laisser le peuple comorien libre de choisir son avenir".Ngoc

Pour nous écrire ou envoyer un article,copiez l'adresse : cdiscom.publication@gmail.com

CE DIMANCHE 14 JANVIER SUR LA RADIO DOUNIA WEB DE 18H A 19H IL SERA QUESTION DU HCP, DE LA COMISSION MIXTE, DES ASSISES NATIONALES DES COMORES ET DE L'OCCUPATION ILLEGALE DE L'ILE COMORIENNE DE MAYOTTE.

 
 CE DIMANCHE 14 JANVIER SUR LA RADIO DOUNIA WEB DE 18H A 19H IL SERA QUESTION DU HCP, DE LA COMISSION MIXTE, DES ASSISES NATIONALES DES COMORES ET DE L'OCCUPATION ILLEGALE DE L'ILE COMORIENNE DE MAYOTTE.
 
L'organisation des Assises Nationales a nourri beaucoup de malentendus et de conflits entre les parties prenantes. La mise en place autoritaire du CPAN (Comité de Pilotage des Assises Nationales) en septembre dernier a suscité rapidement des prises de position radicales allant jusqu'à la condamnation du processus même de sa création; que ce soit par les régions (Ndzuani, Mwali) que par les partis politiques ou les organisations de la société civile. En France la « Coordination France des Assises » a abouti au retrait fracassant de certains de ses leaders. 

Après avoir recruté des « consultants » pour traiter des questions standard de gouvernance, le CPAN ne semble pas maîtriser les objectifs réels de ces Assises. De sorte que l'inquiétude gagne la communauté comorienne à l'égard de l'autoritarisme et de la précipitation manifestés par le gouvernement pour lancer les travaux de ces Assises. Face à ce processus difficilement crédible, la société civile s'interroge sur la position alternative à adopter pour renouer avec la volonté initiale de faire un bilan d'étape afin de dégager des perspectives réellement favorables à la réunification et au développement harmonieux de l'archipel dès Comores.

La déclaration de la fameuse feuille de route du HCP (Haut Conseil Paritaire), qui serait signée en septembre dernier par les ministres des affaires étrangères français et comorien, n'a pas manqué d'intriguer les patriotes comoriens. C'est pourquoi le CM (Comité Maoré ) a réagi, dans sa conférence de presse du 6 octobre, pour demander aux autorités comoriennes d'en divulguer le contenu. Le CM estime qu'il y a anguille sous roche et met en garde les autorités comoriennes d'avaliser des mesures dangereuses pour le traitement du contentieux franco comorien sur l'occupation de Mayotte ! La montée au créneau des élus Maorais, farouchement attachés à la départementalisation de Mayotte, n'est – il pas un handicap supplémentaire dans la recherche de solution pour faire cesser l'occupation illégale de Mayotte ?

Le 16 décembre, fut publié le communiqué de presse conjoint, annonçant la fin de travaux de la Commission Mixte franco comorienne. Il a suscité des levers de boucliers au sein de la société civile. C'est dans ce contexte que le collectif CDISCOM a publié son communiqué de presse du 26 décembre (*) pour manifester son rejet de ce dispoitif qu'il qualifie de (néo)colonialiste. Ce communiqué conclue à un appel de mobilisation citoyenne pour assainir le débat national; pour le CDISCOM ces concepts de Commission Mixte et de HCP sont des outils diplomatiques au service du diktat Français sur les Comores!

Pour traiter de ces questions politiques, l'équipe de la radio DouniaWeb organise une émission spéciale ce 14 janvier 2018. La radio recevra 3 animateurs du collectif CDISCOM qui viendront développer leurs analyses.

Pour suivre, connectez-vous à partir de 17H, sur le site de Douniaweb
Vous pouvez également poser vos questions pendant l'émission en appelant au N° 07 81 53 66 33 ou 07 68 77 91 66.
Ou en intervenant sur la page facebook https://www.facebook.com/radiodouniawebofficiel/?ref=bookmarks

(*) pour accéder communiqué de presse du CDISCOM, cliquer sur le lien: http://cdiscom.skyrock.mobi


Maabad Ali/ CDISCOM
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#Posté le vendredi 12 janvier 2018 07:48

Modifié le vendredi 12 janvier 2018 08:15

COMMISSION MIXTE - GTHN - HCP...INSTRUMENTS COLONIALISTES POUR L'ENCRAGE DE L' ILE COMORIENNE DE MAYOTTE DANS LA FRANCE

                               COMMISSION MIXTE - GTHN - HCP...INSTRUMENTS COLONIALISTES POUR L'ENCRAGE DE L' ILE COMORIENNE DE MAYOTTE DANS LA FRANCE
 
  C O M M U N I Q U É   D E   P R E S S E

 
 NON AUX MANIPULATIONS DE LA COMMISSION MIXTE FRANCE COMORES, LE HCP...
 
Le 16 décembre, par un communiqué de presse conjoint, nous apprenons la fin des travaux de la VIème commission mixte France-Comores. Les patriotes comoriens s'interrogent, dans différents médias, sur le déroulement de cette commission dont le contenu est gardé opaque par la partie comorienne. C'est pourquoi nous nous félicitons de la réaction du Comité Maoré qui, lors de sa conférence du 21 décembre, dénonce le mutisme du gouvernement comorien sur le traitement de questions prioritaires, telles que la libre circulation dans l'Archipel des Comores !
                                                   
Dans sa conférence de presse du 23 décembre, Monsieur Souef El-Amine, ministre comorien des affaires extérieures donne son avis sur une multitude de questions diplomatiques, nationales ou internationales. Pourtant, rien n'est révélé sur le contentieux franco-comorien sur l'île comorienne de Mayotte ! Pas plus les résolutions de la Commission mixte, que le contenu de la mystérieuse feuille de route, d'abord présentée par le Haut Conseil Paritaire (HCP), avant d'être unilatéralement reléguée aux oubliettes, après les pressions véhémentes des élus de Mayotte, résolument décidés à humilier la partie comorienne et à faire leurs, les Travaux de la VIème Commission mixte France-Comores, sans que la partie comorienne ne pipe mot !
                                                                        
S'agissant de nos actions injustement dénigrées et vilipendées par le ministre Souef El-Amine, nous tenons à le mettre en garde contre toute velléité d'entreprise d'ostracisme, de mésentente et de division entre Comoriens de Mayotte et ceux des autres îles s½urs. Au sein de nos associations en lutte pour le triptyque, Souveraineté, Intégrité et Unité, nous ne nous en prenons jamais à nos compatriotes maorais et nous nous faisons fort de les rencontrer, pour peu qu'ils le veuillent. Alors évitons les amalgames. Car s'il est vrai que nous sollicitons en toute sincérité l'entente, la fréquentation avec tous les Comoriens des 4 îles, il n'est pas moins vrai que nous nous battons et continuerons à nous battre à fer émoulu contre les idées xénophobes, racistes et anti-démocratiques prônées par des personnes du genre de celles que l'on veut nous affubler dans cette VIème Commission mixte France – Comores. Vouloir prétendre comme le fait le ministre Souef, que les fréquentations entre Maorais sans exclusives (y compris avec les racistes xénophobes et anti-démocratiques) doivent avoir lieu dans le cadre de la Commission mixte franco comorienne, pour provoquer un rapprochement, est simplement une faute, un pas de plus vers la haute trahison imprescriptible, passible de la plus haute juridiction comorienne. Dans tous ces huis clos franco-comoriens qui ont tout l'air d'un marché de dupes, les autorités comoriennes se font depuis plus de 42 ans, balader et manipuler dans des man½uvres imaginaires et sordides, opposant comoriens de Mayotte à ceux des autres îles s½urs. Formés dans les officines de la françafrique, les élus maorais sélectionnés pour croiser le fer avec la délégation de bras cassés comoriens, n'en feront qu'une bouchée. Si on en juge par l'attitude déférente, les embrassades, fous rire et premières déclarations du Ministre Souef qui cherche sans grande conviction à justifier la présence du comorophobe maorais Mansour Kamardine dans cette Commission.
Si on voulait vraiment défendre les intérêts des Comores, que n'a-t-on envoyé à la place d'une équipe inexpérimentée, incompétente dont la crédulité et l'impréparation n'est plus à démontrer, des spécialistes et experts rompus aux tâches liées à la souveraineté, à l'intégrité et à l'unité des Comores, comme Youssouf Moussa, Haidar, Ali Abdou Elaniou, Idriss, Thabit, Faouzi etc.
A la fin de sa conférence, le ministre comorien semble réclamer, au Comité Maoré, un mémorandum sur la question de Mayotte ! Interrogeons – nous sur ce que compte en faire le HCP visiblement sous la mauvaise influence d'élus français tels que le séparatiste extrémiste Mansour Kamaroudine ! Emanation de la société civile de la diaspora comorienne, notre collectif CDISCOM (1) apportera dans cette affaire, des éclairages sur la politique capitularde menée par le régime du président Azaly.
 
LE RÉGIME D'AZALY N'EST PAS CRÉDIBLE POUR DEFENDRE, SEUL, LA SOUVERAINETÉ DES COMORES.

Nous ne le répéterons jamais assez: aux Comores comme dans d'autres pays africains, commission mixte ou HCP font partie des préliminaires diplomatiques du terrible arsenal de déstabilisation dont le promoteur de la « françafrique » a le secret. Comme par le passé, et de manière plus prononcée avec l'actuel régime, les responsables politiques comoriens brillent par leur incurie, et continuent de tourner le dos à la défense de la souveraineté et de l'intégrité nationales. Comme par le passé, nous continuerons de dénoncer l'abandon de Mayotte sur l'autel d'une hypothétique coopération « bilatérale », faisant des autorités comoriennes actuelles, les éternels parangons du béni oui-ouisme et de la mendicité. Nous l'avions déjà dit, cette supercherie n'a d'autre objectif que de faire taire toute velléité revendicative sur la terre comorienne de Mayotte !
Nous rappelons que dans son communiqué du 16 décembre 2005 (2), le Collectif Comores Masiwa Mané (CCMM) dénonçe « la mise au frigo de la question de l'île de Mayotte» (selon les propres termes d'Azaly, rapportés par le député René Dozière que nous avons rencontré). A l'époque, le ministre comorien des affaires extérieures s'appelle Aboudou Soefo, auteur d'une scandaleuse lettre diplomatique (3), destinée à faire retirer ladite question inscrite depuis 1975, de l'ordre du jour de l'AG des Nations Unies. Même si les régimes qui lui ont succédé n'ont rien fait pour réactiver la question de Mayotte, et ce malgré nos interpellations, nous gardons en mémoire que la France a surtout pu compter sur la crédulité et la docilité des équipes d'Azaly pour porter des coups décisifs dans le processus d'ancrage de Mayotte dans la France! Nous rappelons également que les associations de la société civile (4) avaient dénoncé, dans un communiqué conjoint du 30 juillet 2005, d'autres atteintes graves à la souveraineté, à l'intégrité et la dignité des Comores :
- la signature des accords de coopération franco – comoriens (5 avril 2005), sans concertation des parlementaires ni du Conseil Constitutionnel, stipulant la frontière française entre Mayotte et l'Union des Comores. C'était déjà la commission mixte France-Comores avec l'équipe Azaly
– Soefo 1, qui revient aujourd'hui, comme de bien entendu .. sous le régime d'Azaly 2;
- l'accord formel de l'adhésion de la France à la Commission de l'Océan Indien (COI)
– dont nous savons aujourd'hui que la France a voulu s'en servir pour faire accepter Mayotte dans la région comme entité «non comorienne" 
 
ENTRISME AU FORCEPS DE LA FRANCE, DANS LES AFFAIRES DE L'OCEAN INDIEN ?

Nous savons aujourd'hui, que la France a tenté, d'une part, de transformer la COI en Communauté de l'Océan Indien (à l'instigation du Comorien Hamada Boléro, actuel prédisent de la COI) et d'autre part, d'utiliser des Maorais pour humilier les Comoriens lors des Jeux des îles de l'Océan Indien de 2014 ! Compte tenu de ces hostilités diplomatiques, nous comprenons l'auteur de l'article du journal Témoignages du 19 juillet 2016 qui conclue son plaidoyer en ces termes : «C'est bien la France qui politise la COI et empêche les iles qui composent la zone géographique d'avancer ensemble ». Concernant l'entourloupe du HCP, où les élus Maorais sont utilisés pour humilier la diplomatie comorienne, là encore, nos associations en ont dénoncé l'esprit et la lettre dès sa première parution en 2008 sous l'appellation de Groupe de Travail de Haut Niveau (GTHN) (5). Concept utilisé à l'ONU pour y déclarer que les Comores (sous Sambi) et la France (sous Sarkosy) négocient sur le statut de Mayotte dans un cadre bilatéral (accord susceptible, selon les v½ux de la partie française de bloquer la condamnation universelle des instances internationales sur l'occupation de Mayotte). A noter que les travaux ont lieu à cette époque en présence de l'incontournable ambassadeur en France sous Sambi, Soulaymane Mohamed Ahmed qui déclare à l'époque « travailler dans un climat cordial en évitant les questions qui fâchent ». C'est demauvaise augure, puisque l'inamovible ambassadeur revient cette fois sous Azali 2 pour semble-t-il terminer le travail : balkaniser pour de bon les Comores. De la même façon, Rémi Maréchaux ancien conseiller technique du président Sarkozy est aujourd'hui sous présidence Macron, signataire du communiqué conjoint de la commission mixte sous Azaly 2! On prend les mêmes et on recommence ! Et quoiqu'en pense le ministre Souef El-Amine, commission mixte et HCP sont des outils complémentaires, au service d'une France occupante et hégémonique ! L'aile combattive de la société civile comorienne doit compter sur ses propres forces. Que ferait le régime comorien actuel d'un mémorandum de la société civile sur la question de Mayotte ? Rappelons aux autorités comoriennes que nos associations ont bel et bien produit un mémorandum (6), en septembre 2009, pour dévoiler aux yeux du monde la décision unilatérale de la France de départementaliser, en catimini, l'île comorienne de Mayotte. Ce document de référence serait facile à actualiser pour servir de « garde fous » dans des négociations sur le statut de Mayotte. Signé par plusieurs personnalités et organisations internationales, ce mémorandum est de notoriété publique et les instances internationales en sont destinataires en tant que parrain privilégié de notre pays(7).
D'un autre côté, s'appuyant sur un vaste mouvement de solidarité internationale, nos associations de la société civile, ont dénoncé avec succès « un accord franco-comorien contre la circulation des Comorien-nes » (8), en juillet 2013. Nous poursuivons la lutte dans le même état d'esprit pour faire abolir le tristement célèbre « visa Balladur ». Ceci étant le nécessaire préalable à toute prétention de résolution du contentieux franco-comorien sur Mayotte.
                                                             
CONTRE VENTS ET MAREES, LE COMBAT CONTINUE...

Oui, malgré les nombreuses offensives de la France occupante et de ses suppôts comoriens, la société civile doit rester mobilisée et continuer à agir à son niveau, avec ses moyens propres. Car en matière de défense de l'unité, de la souveraineté et de l'intégrité des Comores, ses militants patriotiques ont su palier les déficiences des responsables politiques comoriens; ils ont su dévoiler les man½uvres impérialistes, récurrentes, de la France aux Comores.

CONTRE LA COMPROMISSION DANS UN HUIS CLOS BIAISÉ ET POUR UN ARBITRAGE INTERNATIONAL DU CONTENTIEUX FRANCO-COMORIEN SUR MAYOTTE.

C'est pourquoi nous appelons à l'unité de toutes les forces patriotiques des Comores, à la solidarité sans faille de nos vrais alliés à l'international, afin de déjouer toutes les man½uvres de diversion destinées à nous faire accepter la soumission aux ordres impérialistes dans notre région.
Concernant la résolution de la question de Mayotte, nous recommandons de fermer la page des 12 années improductives de « négociations bilatérales » et d'exiger un arbitrage international avec le soutien de toutes les organisations amies, dans le respect de la lettre et de l'esprit du Droit International. Bien entendu, le Peuple comorien souhaite un véritable engagement des parlementaires, du Conseil Constitutionnel et des partis politiques, chaque fois que se posent les grandes questions touchant à l'unité, la souveraineté et l'intégrité des Comores, comme le stipule la Constitution.

Pour la coordination du CDISCOM.
 Ce 26/12/2017
cdiscom.contact@gmail.com
    
 
 COMMISSION MIXTE - GTHN - HCP...INSTRUMENTS COLONIALISTES POUR L'ENCRAGE DE L' ILE COMORIENNE DE MAYOTTE DANS LA FRANCE
Références :
(1) CDISCOM : Collectif de Défense de l'Intégrité et de la Souveraineté des Comores – regroupement d'associations de la société civile poursuivant les mêmes objectifs depuis une vingtaine d'années.
(2) Lettre de Aboudou Soefo au Secrétaire Général des NU, pour « retirer la question de Mayotte des débats de l'AG des NU », (11 septembre 2005). Le ministre comorien y déclare : «C'est pourquoi au nom du gouvernement comorien, j'ai choisi de vous demander le retrait de la question de l'île comorienne de Mayotte à l'ordre du jour des travaux de l'Assemblée Générale des Nations Unies ». Heureusement cette demande indigne a été rejetée par les NU.
(3) Communiqué du CCMM intitulé « Non à la diplomatie passive du président Azaly » (16/09/2005)
(4) Communiqué des associations de la société civile comorienne, intitulé « Interpellation citoyenne au président Azaly et à son gouvernement face à la politique du fait accompli de la France » (30/07/2005)
(5) Communiqué du GRITAC intitulé « le deuxième round du GTHN » (19/07/2008) ; la première version du HCP est apparue l'été 2013 suite à la signature de l'accord d'amitié franco comorien. Accord dont le principal artisan n'est autre que Boléro Hamada (nouveau SG de la COI) !!!
(6) « Mémorandum sur le contentieux franco – comorien à propos de l'île comorienne de Mayotte » (édition de septembre 2009)
(7) Mémorandum envoyé en 2009, avec lettre d'accompagnement au SG des Nations Unies, au président du Parlement de l'UE, au président de Conseil de l'UE, au Secrétaire Général de l'UA ... Et à plusieurs organisations anticolonialistes au plan international. A priori, ce travail aura vocation à être poursuivi avec détermination!
(8) Communiqué signé par une cinquantaine d'organisations internationales, ayant abouti au blocage d'un accord scélérat destiné à faire valider, par les autorités comoriennes, l'entrave à la libre circulation des Comoriens dans leur propre archipel (juillet 2013).
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#Posté le jeudi 28 décembre 2017 01:53

Modifié le vendredi 29 décembre 2017 18:24

Mayotte ? Le droit est de notre côté...

Mayotte ? Le droit est de notre côté...À propos de la question de l'île comorienne de Mayotte, le droit est de notre côté. Ne laissez jamais personne vous persuader du contraire. Fut-il Thomas M'saidié, docteur en droit public et maître de conférence. Il faut dire qu'il a bonne presse. Sous-entendant, lui-même, que depuis 1975, notre pays n'a formé aucun juriste de bon niveau. Il ne nous viendrait, donc, pas à l'esprit de lui contester la moindre de ses analyses. Mais tout de même... 
 
On rappellera d'abord que le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, comme son nom l'indique, est le droit reconnu à un peuple de pouvoir s'affranchir de toutes formes d'asservissement ou de colonisation. Mais, un peuple, seuls les Comoriens dans leur ensemble le sont. Il n'y a pas de peuple grand-comorien, anjouanais ou mahorais. Pas plus qu'il n'y a pas un peuple corse, basque ou breton. Tout autant qu'il n'existe qu'un seul peuple français, il n'y a qu'un seul peuple comorien. Et, à celui-ci a été reconnu le droit de disposer de lui-même. Une consultation populaire a été organisée. À la majorité absolue des voix, ce peuple comorien a choisi l'indépendance. 
 
On rappellera aussi que le suffrage universel est indivisible. On ne peut pas disséquer une élection. Les résultats d'un scrutin s'apprécient dans leur unité. Ils se comptabilisent dans leur entièreté. Il n'est pas possible, juridiquement, d'isoler les résultats selon la partie du territoire dont ils proviennent. Sinon, on aurait qu'à faire de Marine Le Pen, la Présidente des territoires français qui ont voté pour elle. Et d'Emmanuel Macron le Président du reste. Absurde, vous pensez ? Ça l'est tout autant en ce qui concerne Mayotte. Quant à ceux qui glosent sur le pluriel employé dans l'expression “les populations”, on concédera qu'ils ont la grammaire de leur côté. Grand bien leur fasse ! Mais, sûrement pas le droit. Sinon, que n'a-t-on adopté 4 lois, pour organiser 4 référendums, à l'attention de 4 populations différentes ? Ce qui pour le coup aurait donné 4 résultats distincts. Non, le législateur français a, assurément, plus de cohérence. Il a décidé d'un seul référendum parce qu'il n'y avait qu'un seul peuple à consulter. Donc, un seul résultat à dépouiller. 
 
On rappellera ensuite, et les juristes le savent bien, qu'il ne faut pas confondre : “dire le droit“ et “imposer le droit”. Les résolutions de l'Assemblée générale de l'ONU n'imposent pas le droit international. Certes ! Mais elles le disent. Tout comme bon nombre de principes généraux de droit découlent des avis de la Cour internationale de justice, alors même que ses avis ne sont que consultatifs. L'argument qui consiste à dire : “au diable les résolutions elles ne sont pas contraignantes” ! C'est de la mauvaise foi. C'est vite oublier que le droit peut ne pas être sanctionné, cela n'enlève en rien au fait qu'il existe. D'aucuns font semblant d'ignorer que la question de Mayotte se pose dans l'ordre international. Le droit international n'a que faire des désidératas nationaux et de la hiérarchie des normes internes. Pour ce qui lui concerne, placé dans son ordre juridique, il n'en a même pas cure de la suprématie de la Constitution. C'est donc en vain que d'aucuns soulèvent le droit interne pour s'en opposer. En vain ! 
 
On rappellera enfin que les coutumes internationales produisent bien des effets en droit interne. Surtout en droit interne français. C'est la constitution française elle-même qui le dit. Excusez du peu ! Le 14e alinéa du préambule de 1946 dispose que “la République, fidèle à ses traditions, se conforme aux règles du droit public international”. Qu'est-ce donc une coutume internationale, si ce n'est une règle de droit public international ? Soit ! Le constituant français rappelle alors, d'une part, que celle-ci est respectée par la République et que d'autre part, elle le fait en étant fidèle à ses traditions. Pour s'en convaincre, il suffirait de plonger dans les archives du Palais royal à Paris. L'on se rendrait compte que le Conseil d'État, dans sa jurisprudence, reconnaît, fut-ce implicitement, l'applicabilité en droit français d'une coutume internationale. 
Alors oui, le principe de l'Uti possidetis juris est une règle coutumière. Mais, même en tant que telle, elle oblige la France. L'Uti possidetis juris postule qu'un État nouvellement indépendant hérite des frontières léguées par l'ancienne puissance coloniale. Ainsi, le nouvel État comorien né en 1975 s'étire jusqu'à Mayotte. Dans la mesure où c'est jusque-là que s'étalaient les frontières des îles Comores colonisées, alors jusque-là s'étaleront les frontières des îles Comores indépendantes. Pourquoi ? Parce que, conformément au principe mentionné, le droit international rappelle, lui aussi, que uti possidetis, ita possideatis : “vous posséderez ce que vous possédiez déjà”. Voyez comme le droit est simple ! Et, il est de notre côté... 
 
Mohamed Rafsandjani 
Doctorant contractuel en droit public 
Chargé d'enseignement à l'Université de Toulon
Source : Al-watwan N° 3274 du mercredi 04 octobre 2017

Remix de wongo

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#Posté le dimanche 08 octobre 2017 05:34

Mayotte, Under the DOM

Mayotte, Under the DOM
Dans « Under the dome », série télévisée US, une ville se réveille un jour sous un dôme transparent qui la retranche du monde.
 
« Sept migrants clandestins se sont noyés dans le naufrage de la barque de pêche qui les transportait, juste en arrivant dans le lagon de Mayotte, a annoncé aujourd'hui la préfecture [1]. » Un fait divers parmi d'autres, coincé entre un cambriolage et la sortie de route d'un camion. On s'habitue à tout, y compris au retour cyclique de ces drames. Un instant suspendue par le flash info, la vie poursuit son cours. Comme si ces sept morts ne comptaient pas, pas plus que tous ceux qui les ont précédés sous les eaux, et qui se comptent par milliers [2]. Mayotte reste un angle mort de la France : territoire absent des rayons des librairies, des écrans de cinéma et de télévision, des préoccupations et de l'imaginaire de l'Hexagone. Loin des yeux, loin du c½ur... Pourtant cette île est le laboratoire de la postcolonialité républicaine, produit d'un croisement entre Françafrique et Département d'outre-mer (DOM). La mécanique coloniale opère à Mayotte sur le mode d'une censure tectonique qui scinde, partitionne, rature un paysage archipélique – celui des Comores – avant de se réfracter dans le psychisme du néocolonisé [3].
 
Si Mayotte est si méconnue en France, c'est sans doute parce que le Mahorais, en tant que spécimen humain distinct du Comorien, n'existe pas encore ; il est en cours de modelage, à partir d'images, de récits, d'une réécriture de l'histoire visant à mettre en scène aux yeux du monde un « peuple mahorais ». De quoi justifier la partition de l'archipel des Comores au profit de la France. Dans les salons internationaux du tourisme, des hôtesses mahoraises souhaitent « karibu » aux Tour operators et clients potentiels. Leurs dépliants invitent à l'exotisme : « Cédez à la tentation de Mayotte, l'île aux parfums, l'île aux makis... Son lagon offre une aire où dauphins, baleines et tortues marines aiment à voguer. Venez aussi à la rencontre de la population autochtone : les Mahorais ont l'âme gaie, tout y est encore authentique. » L'autochtone des guides touristiques, c'est la nouvelle figure du bon sauvage : un être doux et spontané, à peine entré dans l'histoire. L'accession du Mahorais au statut de Français « domisé » procède d'une « naturalisation » de ce dernier, d'une réduction à l'état de nature. Dans les agences de pub et les bureaux d'études de Mamoudzou ou de Paris, des « métros » s'attachent à retravailler l'image, le design, le packaging de Mayotte. Il s'agit de définir cette île, non pas à partir d'une culture qui, de fait, est archipélique [4], mais à partir d'une nature présentée comme édénique. Une nature hors du temps, car désancrée de l'histoire millénaire d'une civilisation du boutre – le voilier traditionnel arabe acclimaté par les habitants de l'archipel. La promotion d'une « Mayotte, île au lagon » contribue au raturage et à la mise en clandestinité du reste de l'archipel. Le choix du logo de la nouvelle compagnie aérienne mahoraise EWA, la « passe en S » – long couloir sinueux à travers la barrière de corail –, est de ce point de vue tout à fait révélateur : c'est le spot préféré des plongeurs wazungu (les « métros »), qui représentera, désormais, toute une île. Ce « S » n'est pas un symbole, mais une marque visant à assurer un copyright français sur un espace expurgé de son histoire et de sa culture : un label censé garantir la qualité d'un produit du tourisme globalisé.
 
Le tableau serait idyllique s'il n'y avait hélas toutes ces créatures exogènes à l'écosystème du lagon : les kwassa-kwassa. Ça sonne à l'oreille comme une des dix plaies qui s'abattirent sur l'Égypte pour forcer Pharaon à libérer le peuple de Moïse : les invasions de grenouilles, de sauterelles, de mouches et surtout les eaux du fleuve changées en sang. Ces embarcations de « migrants » en provenance d'Anjouan ont beau être arraisonnées par la marine française, sombrer dans les eaux profondes, dériver à l'aveugle dans le canal du Mozambique, rougir les eaux du lagon par leur fracas, toujours de nouvelles vagues de kwassa ressuscitent et repartent à l'assaut de l'eldorado. Échapper aux vedettes de la Police aux frontières (PAF), de la gendarmerie et des douanes, aux patrouilleurs, aux hélicoptères et aux stations radars dernier cri de la Marine nationale, échapper à toute cette armada exige de prendre des risques : naviguer la nuit, sans lumière, couper parfois les moteurs, braver les bourrasques et la brume... Inch Allah, on joue son destin à la roulette russe. «  La pirogue s'est renversée sur un récif, près de la côte de Kani-Keli. Neuf personnes ont trouvé la mort, dont cinq nourrissons. » Les dépêches se suivent et se ressemblent, lézardant toujours davantage le rêve d'une Mayotte vierge et innocente.
 
Les navigateurs arabes baptisèrent cette île al-Mawt, « la Mort », en raison des innombrables naufrages occasionnés par la redoutable ceinture de corail protégeant le lagon. Aujourd'hui, ces récifs aiguisés se doublent d'une frontière invisible d'autant plus efficace qu'elle est virtuelle. Une zone de contrôle en temps réel – extensible à volonté grâce au couplage des forces navales et des technologies de repérage (radars, imagerie satellitaire) – qui fait de Mayotte une réserve naturelle high-tech dédiée à la protection des espèces autochtones. Aussi la protection du droit à la vie des uns – les nationaux – expose-t-elle à la mort les autres – les étrangers.
 
« Mayotte Channel Gateway »
 
À Mayotte, le port de Longoni se niche dans une baie ample et majestueuse délimitée par les entrelacs de la mangrove, les collines verdoyantes de la pointe nord et la ceinture invisible des récifs coralliens. Depuis toujours, la baie de Longoni offre un refuge aux navires de passage. Ulingoni, cette racine bantoue désigne le « lieu d'escale » et nous renvoie donc à l'histoire précoloniale de Mayotte, à cette circulation millénaire des boutres et des pirogues à balanciers, d'où est née non seulement la société archipélique des Comores, mais aussi la civilisation swahilie (de l'arabe swahil, « rives ») : un maillage de cités-États – Lamu, Zanzibar, Mogadiscio... – qui jalonnaient les rives de l'Afrique de l'Est et qui constituaient autant d'étapes sur la route de la péninsule arabique, de l'Inde, de la Chine ou de la Malaisie. C'est à cette Afrique swahilie, au c½ur de la première globalisation marchande et culturelle de l'océan Indien – le système-monde afro-asiatique dont l'Europe n'était alors qu'une périphérie –, qu'étaient intégrés les ports de l'archipel des Comores et du nord-ouest de Madagascar. À l'image des sociétés caribéennes, les mondes swahilis sont nés eux aussi de l'imprévisible, de la fécondation réciproque d'éléments culturels et de peuples infiniment divers : des Somalis, des Bantous, des Perses, des Yéménites, des Austronésiens, des Portugais, des réfugiés de toutes sortes – tous acteurs d'une archipélisation créatrice.
 
En 2013, Longoni a été rebaptisé « Mayotte channel gateway » : ce n'est plus un port mais un hub, une plateforme logistique. Ce dispositif achève le processus de « conteneurisation » de la vie mahoraise : qu'un porte-conteneur ou un supertanker arrive en retard et c'est la panique, la hantise de la pénurie, des files d'attente interminables se forment devant les autels de la modernité que sont la station d'essence et le supermarché. Avec la départementalisation – et l'accroissement exponentiel des importations qu'elle suppose –, au mur du visa Balladur s'ajoute à présent le murmure assourdissant de la marchandise : je ne me rapporte au monde que dans la mesure où je peux le consommer. La création à Mayotte d'un îlot de prospérité fictif aboutit nécessairement au renforcement de la partition de l'archipel, au durcissement de la frontière, à l'hémorragie des forces vives des autres îles au profit de l'eldorado mahorais, et donc au rejet croissant de ceux, « les Comoriens », qui menacent nos privilèges de consommateur français. Une des premières césures auxquelles on est confronté à Mayotte est cette faille géologique paradoxale qui sépare le 101e département de son arrière-pays – le canal du Mozambique –, une faille qui s'élargit au fur et à mesure de son intégration aux circuits marchands français : « Le monde est ici comptabilisé en conteneurs, il n'est que cela, et c'est peut-être le meilleur des filtres possibles. » Les 4×4, les berlines, les écrans plasma, les packs de bières..., tout arrive par Longoni – cordon ombilical magique qui lie Mayotte à la métropole tout en la déliant de tous les liens familiaux, culturels, historiques qui la rattachaient aux autres îles. La mise sous DOM suppose toujours le rétrécissement de l'horizon et une « cartographie mutilée » : « Pour renforcer leur dépendance vis-à-vis de la France, l'État bloque les relations que les outre-mer entretiennent encore avec les pays voisins », écrit Françoise Vergès dans Le Ventre des femmes.
 
Sous le dôme invisible de Mayotte, on entend encore l'appel des muezzins et les incantations des fundi wa madjinni (les maîtres des djinns), mais on célèbre surtout le culte du cargo, ces rituels à travers lesquels les Mélanésiens tentaient de capter les richesses occidentales en imitant de leur mieux les gestes et postures des opérateurs radio, des capitaines au long cours, des sorciers blancs. Peau comorienne, masques français, le Mahorais se veut désormais « de souche », pas un de ces étrangers qui débarquent en kwassa de l'île lointaine d'Anjouan, à... 70km. Dans Le Discours antillais, Édouard Glissant a parfaitement analysé la mécanique du DOM, la « domisation » : il s'agit de convertir des fonds publics – des subventions, des dotations, des salaires et primes de fonctionnaires, etc. – en bénéfices privés. Au profit d'abord des grands groupes français (Total, Bouygues, Casino...) qui forment des oligopoles et s'entendent donc sur les prix ; d'où le problème récurrent de la vie chère. Dans la continuité de l'exclusif colonial institué par Colbert au XVIIe siècle, les DOM constituent des marchés captifs déguisés. Toute la puissance idéologique du système réside dans le fait qu'il se présente sous l'apparence d'un don de la France, transformant ainsi les « domisés » en éternels débiteurs d'un développement fictif et dévoyé.
 
Microfascisme tropical
 
Tel un mauvais djinn, un désir d'apartheid – le rêve pathogène d'une communauté homogène – possède Mayotte : une île asphyxiée par sa propre frontière, où schizophrénie et paranoïa vont de pair. Et où l'on chasse l'étranger, village après village, au plus profond de soi-même. La chasse à l'homme qui s'est déroulée de janvier à juillet 2016 n'a pas épargné les établissements scolaires où, du jour au lendemain, sans prévenir, des élèves disparaissaient. On les retrouvait parfois sur la place de la République de Mamoudzou, dormant à même le sol avec leur famille, sans même un bout de toile pour les protéger des intempéries et des regards agglutinés aux grilles de ce camp sans nom. Ce n'étaient pas des réfugiés, mais les expulsés de la République : les bannis du « vivre-ensemble ». Dans les écoles, un nouveau jeu fit son apparition, une répétition de ce qui se passait au-dehors : « Les gendarmes et les Anjouanais »... Plus que jamais, Mdzuani (Anjouanais) cinglait l'air comme une insulte et laissait des traces indélébiles dans l'âme et le c½ur vulnérables de ces enfants de Mayotte perçus comme tels : des enfants maudits. Depuis longtemps, « Comorien » était devenu un terme cancérigène, un synonyme d'étranger et donc de délinquant : on ne le prononçait plus, on le crachait, surtout sur les ondes ! Comment s'étonner alors de voir un jour des milices pseudo-citoyennes sillonner les rues en quête d'habitations « comoriennes » à détruire ou piller...
 
De l'autre côté du miroir, par-delà les mirages du « migrant » et la soif d'exotisme du mzungu, les luxuriantes collines de Mayotte renferment une vaste garenne – une chasse à l'homme s'y déroule en permanence à ciel ouvert. L'humain poursuivi est le frère, le cousin, la grand-mère du Mahorais : il vient des autres îles de l'archipel des Comores. Ce qu'il y a de nouveau aujourd'hui, c'est que la police partage désormais son monopole de la traque légitime avec des collectifs d'habitants aussi anonymes que les tracts nauséabonds qui se propagent sur les réseaux et les murs du 101e département. « Mayotte asphyxiée », tel est le titre du tract téléchargeable depuis le 28 avril 2016 sur le site web de Kwezi : « Une manifestation et une action d'expulsion pacifiques contre l'immigration clandestine auront lieu le dimanche 15 mai 2016. Point de départ : au plateau de Boueni, à 6h, pour le tour de la commune. Suivi d'un grand voulé [un barbecue festif]. » Qu'une opération de ce type ait pu avoir lieu, bien qu'elle ait été annoncée près de trois semaines à l'avance, en dit long sur la banalisation d'une certaine xénophobie et sur la complicité des médias, des élus, des autorités locales dans la prolifération, sur une grande partie de l'île, des exactions commises à l'égard des « Comoriens » : harcèlements, insultes, ratonnades, pillages et incendies, menaces et intrusions chez des personnes hébergeant des « décasés », etc.
 
À chaque fois, ces « actions d'expulsion » prenaient la forme d'un sinistre charivari où les battements de casseroles le disputaient aux chants et aux hurlements vengeurs des bouenis (« femmes »). À Tsimkoura, là où tout a commencé en janvier, près de cent habitants procédèrent à une battue à travers leur commune. Ils s'étaient vêtus « de rouge pour se reconnaître » (Flash info, 19 janvier), à défaut de pouvoir épingler une étoile jaune sur la poitrine d'un envahisseur « comorien » d'autant plus perfide qu'indiscernable : un ennemi intérieur. Sans le climat d'impunité qui règne à Mayotte, la chasse aux Comoriens n'aurait pu prendre de telles proportions, ce que n'a cessé de dénoncer Maître Ghaem en évoquant des « mairies qui accueillent ouvertement ces collectifs de villageois en leur sein, effectuant des photocopies pour leurs tracts, organisant autour des “décasages” des voulés festifs. » (Journal de Mayotte, 5 juin 2016). Comme l'analyse la Cimade, l'absence de réaction de la gendarmerie et de la préfecture « cautionne l'impunité de ces collectifs et leur offre la possibilité de développer ce type d'actions illégales et xénophobes [5] ». Ce qui est encore plus troublant, c'est qu'une partie des membres de ces milices proviennent de « Conseils citoyens » issus de la Politique de la ville. Une division du travail « civique » se mit ainsi en place : à une fraction radicalisée de la population l'expulsion et le rabattage, à la gendarmerie l'encadrement (sous prétexte d'éviter les affrontements), à la PAF le contrôle des papiers et la rafle. Vu son efficacité, il se pourrait que le microfascisme tropical qui s'est expérimenté à Mayotte – cette communion entre une petite frange des citoyens et les forces de l'ordre dans la traque de l'étranger – fasse un jour son retour en France métropolitaine...
 
Les frontières intérieures
 
« Je suis née à Mayotte, d'une mère anjouanaise et d'un père mahorais. [...] Comme les villageois de ma commune n'aiment pas les étrangers, surtout les Anjouanais, j'ai longtemps eu honte de ma mère. J'avais honte de dire à mes amis que je suis anjouanaise par ma mère. Je leur cachais cette vérité, je ne voulais pas être rejetée à cause de cette origine-là. Je faisais semblant d'être heureuse avec cette vérité cachée au fond de mon c½ur, mais je me sentais seule. Je n'osais pas me montrer en public avec ma mère. Quand elle me parlait devant les gens, je l'ignorais, comme si c'était une inconnue, une étrangère. » C'est à la lecture de ce texte, écrit par une de mes élèves, appelons-là Amina, que j'ai vraiment réalisé ce fait : les frontières ne partagent pas seulement les territoires mais aussi les âmes, les rendant souvent étrangères à elles-mêmes. Le constat de Fanon se vérifie : l'aliénation ne peut se comprendre à partir du seul psychisme de l'individu, puisque c'est la situation (post)coloniale qui la génère.
 
Mais j'entends déjà des voix s'écrier : « Arrêtez avec votre histoire coloniale, tout ça c'est du passé !... » Certes, il n'y a plus de travail forcé, de code de l'indigénat. Ce qu'on exploite aujourd'hui dans les DOM (cf. Le Discours antillais de Glissant), c'est la consommation, l'assistanat subventionné des autochtones : des populations rendues superflues dont le paysage est peu à peu transformé en réserve écologique. Aussi, l'asphyxie qu'évoquent les tracts appelant à la chasse aux Comoriens n'est-elle en fait que l'asphyxie d'une vie sociale, culturelle et économique qui peut de moins en moins se passer de l'assistance respiratoire de la mère patrie française. La « domisation » a donc pour effet non seulement de stériliser les initiatives, les productions, l'économie locale, mais aussi d'évider le « domisé » qui, au fur et à mesure qu'il perd ses savoir-faire, se voit contraint pour garder un minimum d'estime de soi de se réfugier dans l'apparat et le folklore. C'est la phase ultime de l'assimilation, une colonisation parfaite, puisque méconnue comme telle et désirée par le néocolonisé. Dans cette mise sous dépendance intégrale – une tutelle aussi insidieuse qu'invisible et confortable –, il devient toujours plus difficile d'exprimer des différends à l'égard de la métropole et de ses représentants. Se met alors en place un processus d'autocensure permanent alimenté par une peur primale de nourrisson : « Les élus mahorais ont peur des préfets qui les traitent comme des mendiants » (Mayotte en sous-France, Mahamoud Azihari). On ne saurait mordre, en effet, la main qui nous nourrit : trop peur de perdre ce qui nous a déjà perdus.
 
Malaise dans le lagon
 
Le malaise de Mayotte s'enracine en partie dans le sentiment plus ou moins conscient de dépossession qu'éprouvent ses habitants vis-à-vis de leur propre image, de leur propre histoire et devenir. Ce malaise est bien plus profond que les mille et une difficultés économiques et sociales que rencontre ce territoire – chômage abyssal, système hospitalier et éducatif au bord de l'implosion, croissance exponentielle des cambriolages et agressions, 85% de la population sous le seuil de pauvreté. Un malaise indicible, touchant au sentiment même de l'existence : j'ai beau renier mes frères, j'ai beau cracher sur leur indépendance de merde, j'ai beau arborer le drapeau français et chanter « La Marseillaise », je reste invisible aux yeux de la mère patrie, au point qu'il m'arrive souvent de douter de ma propre réalité [6]. Mayotte souffre de ne pas être aimée par la lointaine métropole, alors qu'elle-même ne veut plus se reconnaître dans ses îles s½urs.
 
La source première du mal-être à Mayotte réside ainsi dans le refoulement croissant de la « comorianité » de cette île. Lequel ne se produit pas seulement dans la psyché des individus, mais d'abord à travers des techniques policières de rafle, d'internement, d'expulsion. Aujourd'hui, plus que jamais, l'expulsion des corps étrangers est présentée comme le remède à tous les maux de la société mahoraise. Le problème avec le refoulé, c'est qu'il ne cesse de faire retour sous la forme d'une violence interne à l'individu : somatisations, troubles du comportement, psychoses. Dans le cas de Mayotte, ce retour du refoulé s'exprime notamment dans la multitude toujours croissante des mineurs isolés : les enfants des rues et des bois, les enfants du rejet qui grandissent la rage entre les dents, loin de leurs parents – des enfants voués à une citoyenneté impossible.
 
De la puissance archipélique des rivages
 
« Le malheur des hommes, dit Foucault, ne doit jamais être un reste muet de la politique. » Témoigner de l'innommable, c'est le premier acte d'une résistance politique parce que poétique : la première révolution est celle du verbe ! À cette «  fable écrite de main de maître » – « cette histoire de migration sauvage en sa propre terre » –, l'artiste S½uf Elbadawi riposte par les contre-sorts d'une poésie d'outre-tombe : « Un dhikri pour nos morts. La rage entre les dents. » Un texte qui rompt le non-dit sur tous ces mal-morts qui hantent Mayotte et les autres îles de l'archipel. L'histoire d'un homme fracassé qui enrage de ne pouvoir enterrer ses morts et contemple le lent naufrage d'un archipel. « Jusqu'à quand allons-nous regarder ceux qui s'enfoncent sous l'eau(...) sans rien opposer à l'Impensable ? », se demande-t-il. Cet homme décide alors d'organiser un dahira (cérémonie funéraire soufie), non seulement pour son cousin, mais aussi pour ces milliers de morts que nul ne nomme. Lorsque les disparus sont censurés et abandonnés à leur sort, lorsqu'ils ne sont plus que des chiffres dans des statistiques ou des graphiques, c'est notre propre humanité qui est remise en question : notre capacité à nous reconnaître dans l'autre. Le mort étant l'autre par excellence puisqu'« au-delà ». À la rhétorique déshumanisante du « flux migratoire », Elbadawi oppose le verbe créateur qui offre un visage et une voix aux damnés de la mer, témoignant ainsi de leur humanité et... de la nôtre. Face à la banalité du mal – la plus terrible des censures –, retrouver la capacité poétique de s'étonner, retrouver le sens de l'intolérable. Mettre au jour le scandale que l'on ne cesse d'étouffer.
 
Avant d'être des lignes, les frontières sont des lieux de vie où les humains se sont toujours réinventés en se nourrissant de l'étrangeté de leur prochain. Comme les barrières de corail, les frontières ne respirent, ne vivent que par leurs pores, leurs aspérités, leurs surfaces ajourées où se produit l'entrelacs continuel de mondes incommensurables : une hybridation créatrice. Fécondés par les alizées et moussons [7], les swahil (rives) incarnent par excellence la frontière comme lieu de vie, comme espace de pulsation et de symbiose créatrice. La « domisation », qu'il s'agisse de la politique d'assimilation des Outre-mer ou de la mise sous dôme sécuritaire – la mise en réseau et résonance des appareils de capture –, c'est la négation des rivages et de leur puissance archipélique. Appelons donc à de nouvelles « swahilisations », à des « dé-rives » inédites et furtives !
 
 
 
Dénètem Touam Bona,
 
Source CQFD n°155 (juin 2017),Mensuel de critique et d'expérimentation sociales
 
 
 
----------------
 
 
 
Notes
 
 
[1] « Mayotte : mort de 7 migrants dans un naufrage »,
 
 
10/02/2014.
 
[2] Depuis l'instauration en 1995 du visa Balladur, il y a eu plus de 15 000 morts selon les estimations de l'ONG Migreurop.
 
[3] Au fur et à mesure que la partition de l'archipel se durcit, le mot « Mayotte » devient une coquille vide mais tranchante : une abstraction au sens fort, puisqu'à présent on ne conçoit à travers ce mot qu'une scission, qu'un territoire abstrait de son arrière-pays. Ainsi Maore n'est plus que ciel et lagon, elle n'a plus ni archipel ni continent.
 
[4] Bien qu'il y ait des variations d'une île à l'autre, voire d'un village à l'autre, il y a en commun dans cet archipel une langue, des lignages familiaux, des pratiques religieuses, des savoir-faire thérapeutiques ou agricoles...
 
[5] « Mayotte : la chasse aux étrangers par la population est ouverte... », Blog Mediapart de la Cimade, 25/04/16.
 
[6] « Je ne veux pas de votre indépendance à la merde et à la con ! », phrase célèbre du père de « Mayotte française », Younoussa Bamana. Dans les manifs anti-Comoriens, on voit des pancartes proclamer : « On ne veut pas de votre indépendance de merde ! »
 
[7] Les navigations s'effectuaient en fonction du cycle des vents
source : Comores-droit

Remix de wongo

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#Posté le mercredi 27 septembre 2017 13:11

PREMIER CONGRÈS DU COMITÉ MAORE AVEC LA PARTICIPATION ACTIVE DU CDISCOM

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#Posté le mercredi 02 août 2017 07:25

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  • Comores : Discours du président Azali sur la question de l'île comorienne de Mayotte dim. 11 septembre 2016
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